Résultats

ACP (analyse en composantes principales)

Une analyse en composantes principales a été réalisée sur six indicateurs socio-économiques standardisés. Les valeurs manquantes ont été imputées par la médiane afin de conserver l’ensemble des territoires dans l’analyse. Les axes factoriels permettent de synthétiser les contrastes territoriaux et servent de base à la cartographie et à la construction d’une typologie.

Rappel : indicateurs
  • Indicateur n°1 : part des jeunes intérimaires dans l’emploi intérimaire total (2024)
  • Indicateur n°2 : taux d’évolution annuel moyen de la part des jeunes intérimaires dans le total des intérimaires (période 2019-2024)
  • Indicateur n°3 : part des intérimaires dans le total des actifs occupés (2022)
  • Indicateur n°4 : niveau de vie médian des -30 ans (2021)
  • Indicateur n°5 : taux d’évolution annuel des 15-29 ans (période 2016-2022)
  • Indicateur n°6 : niveau des loyers (T3 2025)

Les deux premiers axes (PC1 et PC2) de l’ACP expliquent à eux seuls près de 48 % de l’inertie totale. Ils offrent ainsi une lecture synthétique et lisible des principaux contrastes territoriaux, en structurant les territoires selon l’intensité et la dynamique de l’intérim des jeunes, ainsi que selon les conditions socio-économiques associées. Le plan factoriel PC1–PC2 constitue le support privilégié pour la cartographie des résultats et l’analyse spatiale, tandis que les axes suivants permettent d’affiner l’analyse et la construction de la typologie territoriale.

L’interprétation des axes repose sur l’analyse des charges factorielles (ou contributions) des variables. Une variable est considérée comme structurante d’un axe lorsque sa charge est élevée en valeur absolue (généralement ≥ 0,4). Le signe de la charge indique le sens du gradient, sans incidence sur l’intensité de la contribution.

Interprétation des axes

Axe 1 (PC1 - 28,8 % de l’inertie) : Intensité de l’intérim des jeunes et contexte socio-économique

Le premier axe est principalement structuré par la part des jeunes intérimaires dans l’emploi intérimaire, le poids de l’intérim dans l’emploi total, ainsi que par l’évolution démographique des jeunes. Il est également associé au niveau de vie médian des moins de 30 ans et au niveau des loyers, traduisant une dimension socio-économique complémentaire.

Il exprime ainsi un gradient d’intensité de l’intérim des jeunes, inscrit dans des contextes territoriaux plus ou moins favorisés et tendus sur le plan résidentiel.

Les territoires présentant des scores élevés sur cet axe se caractérisent par une forte présence des jeunes dans l’intérim, un recours structurel plus important à l’emploi intérimaire, et des dynamiques démographiques relativement favorables, souvent associées à des niveaux de vie et de loyers plus élevés. À l’inverse, les territoires aux scores faibles combinent un moindre recours à l’intérim des jeunes, une structure de l’emploi moins intérimaire et des dynamiques démographiques plus faibles.

Cartographie de l’axe 1 (scores) :

Axe 2 (PC2 - 19,1 % de l’inertie) : Dynamique récente de l’intérim des jeunes versus conditions de vie

Le deuxième axe est fortement structuré par le taux d’évolution annuel moyen de la part des jeunes intérimaires, auquel s’opposent le niveau de vie médian des moins de 30 ans et le niveau des loyers. Il met en évidence une opposition entre dynamique récente de l’intérim des jeunes et conditions de vie plus favorables.

Les territoires aux scores élevés se distinguent par une progression marquée de la part des jeunes intérimaires, traduisant des transformations récentes du marché du travail local, souvent dans des contextes où le niveau de vie et les loyers sont plus modérés. À l’inverse, les territoires aux scores négatifs correspondent davantage à des espaces plus favorisés et plus chers, où la place de l’intérim des jeunes est plus stable et moins dynamique.

Cartographie de l’axe 2 (scores) :

Axe 3 (PC3 – 17,5 % de l’inertie) : Structure du marché du travail et dynamique démographique des jeunes

Le troisième axe est principalement structuré par la part des intérimaires dans l’emploi total, en opposition avec l’évolution de la population des 15–29 ans et, dans une moindre mesure, la dynamique récente de l’intérim des jeunes. Il traduit un gradient de structure économique des territoires.

Les territoires ayant des scores élevés sur cet axe se caractérisent par une dynamique démographique plus favorable des jeunes, associée à un poids relativement moindre de l’intérim dans l’emploi total. Il n’a pas été jugé pertinent de cartographier cet axe, mais il sera utilisé pour affiner la typologie territoriale (afin de distinguer les territoires dignes d’intérêt pour l’étude de ceux qui ne le sont pas).

Axe 4 (PC3 – 15,4 % de l’inertie) : Conditions de vie des jeunes et dépendance à l’intérim

Le quatrième axe est structuré par le niveau de vie médian des moins de 30 ans, opposé au poids de l’intérim dans l’emploi total et au niveau des loyers. Il met en évidence une dimension sociale et économique des territoires, liée aux conditions de vie des jeunes actifs.

Les territoires aux scores élevés sur cet axe se caractérisent par un niveau de vie plus élevé des jeunes, associé à une moindre dépendance structurelle à l’intérim.

Cet axe ne mérite pas non plus de cartographie mais sera lui aussi particulièrement utile pour affiner la typologie territoriale présentée ci-dessous.

CAH (classification ascendante hiérarchique)

Afin d’identifier des profils territoriaux homogènes, une classification ascendante hiérarchique (CAH) a été réalisée à partir des scores factoriels issus de l’analyse en composantes principales (ACP). La classification repose sur une distance euclidienne et sur la méthode de Ward, dont l’objectif est de minimiser la variance intra-classe tout en maximisant les différences entre groupes. Cette approche permet ainsi de regrouper des territoires présentant des caractéristiques socio-économiques proches, tout en garantissant une bonne séparation entre les classes.

La classification a été réalisée sur les quatre premiers axes de l’ACP, qui expliquent plus de 80 % de l’inertie totale. Ce choix permet de conserver l’essentiel de l’information multidimensionnelle issue des indicateurs, tout en assurant une structuration robuste et interprétable des profils territoriaux.

Le nombre de classes a été déterminé à partir de l’examen du dendrogramme, en recherchant un compromis entre lisibilité et finesse d’analyse. Une partition en 4 classes a été retenue, car elle met en évidence des groupes bien équilibrés en effectifs, clairement différenciés et facilement interprétables au regard des dynamiques de l’intérim des jeunes, des structures de l’emploi et des conditions de vie des jeunes actifs.

Cartographie de la typologie

Cartographie des quatres classes :

Clé de compréhension des classes en fonction du niveau des 6 indicateurs :

Classe Profil synthétique Intérim des jeunes Dynamique récente Structure de l’emploi Conditions de vie
1 Faible recours et en recul Faible part de jeunes intérimaires Dynamique très négative Faible poids de l’intérim Conditions de vie modestes
2 Forte spécialisation intérimaire Forte part de jeunes intérimaires Dynamique stable Intérim très présent dans l’emploi Conditions de vie intermédiaires
3 Territoires attractifs et dynamiques Forte part de jeunes intérimaires Dynamique démographique très favorable Intérim intermédiaire Niveau de vie et loyers élevés
4 Territoires en forte montée de l’intérim jeune Part la plus élevée de jeunes intérimaires Dynamique très positive Intérim intermédiaire Loyers bas, niveau de vie correct

Description des 4 classes

Classe 1 : Territoires à faible recours à l’intérim des jeunes et dynamiques en retrait

Cette classe se caractérise par la plus faible part de jeunes intérimaires (24,1 %) et une dynamique récente très négative de la part des jeunes dans l’intérim (indic2 = –0,80). Le poids de l’intérim dans l’emploi total est également limité (6,2 %).

Les indicateurs socio-économiques traduisent des conditions de vie plus modestes : le niveau de vie médian des moins de 30 ans est le plus faible (18 260 €) et les loyers sont relativement bas (11,6). La dynamique démographique des jeunes est défavorable (indic5 négatif).

👉 Cette classe regroupe des territoires où l’intérim des jeunes est peu présent et en recul, dans des contextes économiques et démographiques fragiles.

Classe 2 : Territoires fortement spécialisés dans l’intérim

La classe 2 se distingue par un poids très élevé de l’intérim dans l’emploi total (13,7 %), associé à une forte part de jeunes intérimaires (31,6 %). Elle traduit une spécialisation structurelle du marché du travail local dans l’intérim.

La dynamique récente de la part des jeunes intérimaires est légèrement négative (–0,12), suggérant une situation relativement stable. Les conditions de vie sont intermédiaires, avec un niveau de vie médian des jeunes autour de 19 200 € et des loyers modérés (12,5).

👉 Cette classe correspond à des territoires où l’intérim constitue un pilier structurel de l’emploi, y compris pour les jeunes.

Classe 3 : Territoires dynamiques et attractifs pour les jeunes

La classe 3 se caractérise par une forte part de jeunes intérimaires (31,5 %) combinée à une dynamique démographique très favorable des 15–29 ans (indic5 = +0,87), la plus élevée des quatre classes.

Le poids de l’intérim dans l’emploi total est intermédiaire (7,4 %), mais les conditions de vie apparaissent nettement plus favorables : niveau de vie médian des jeunes le plus élevé (20 919 €) et loyers élevés (14,1), traduisant des territoires attractifs et souvent plus tendus sur le plan résidentiel.

👉 Cette classe regroupe des territoires dynamiques, attractifs pour les jeunes, où l’intérim s’inscrit dans un contexte économique globalement favorable.

Classe 4 : Territoires à forte dynamique récente de l’intérim des jeunes

La classe 4 se distingue par la dynamique la plus positive de la part des jeunes intérimaires (indic2 = +0,43) et par la part la plus élevée de jeunes intérimaires (33,3 %).

Le poids de l’intérim dans l’emploi total est intermédiaire (8,1 %). Les conditions de vie sont contrastées : le niveau de vie médian des jeunes est relativement élevé (20 023 €), tandis que les loyers sont parmi les plus faibles (10,8). En revanche, la dynamique démographique des jeunes est défavorable (indic5 très négatif).

👉 Cette classe correspond à des territoires où l’intérim des jeunes progresse rapidement, possiblement en réponse à des transformations récentes du marché du travail local.

Choix des territoires d’étude

Les résultats de la classification ont mis en évidence que les classes 2 et 4 sont les plus pertinentes au regard des objectifs de l’étude, car elles correspondent à des territoires où l’intérim des jeunes occupe une place centrale, soit de manière structurelle, soit dans une dynamique récente de forte progression.

À ce stade de l’analyse, il s’agit de mettre en regard les résultats de la classification territoriale avec le découpage des zones d’emploi (ZE). La superposition cartographique des EPCI classés et du découpage des ZE permet ainsi d’identifier visuellement les zones d’emploi au sein desquelles se concentrent des intercommunalités appartenant aux classes 2 et/ou 4, considérées comme les plus pertinentes au regard des objectifs de l’étude.

Cette approche vise à sélectionner des zones d’emploi représentatives de dynamiques contrastées de l’intérim des jeunes, en tenant compte à la fois de la structure du marché du travail et des évolutions récentes mises en évidence par la typologie. La sélection finale des zones d’emploi repose ainsi sur une lecture spatiale croisée, combinant les résultats statistiques et une appréciation territoriale qualitative.

Extraction des ZE “intéressantes” (mixant des EPCI de la classe 2 et/ou classe 4), avec le nombre de communes par zone, à titre indicatif :

   ze2020           libze2020 nb_com
1    7501                Agen     99
2    7502           Angoulême    229
6    7506           Bressuire     80
8    7508       Châtellerault     50
12   7512         La Rochelle     83
14   7514              Langon    175
16   7516            Libourne    140
18   7518            Marmande    131
20   7520               Niort    158
22   7522                 Pau    286
30   7530             Thouars     76
32   7532  Villeneuve-sur-Lot     98
36   7604                Auch    392
37   7605    Bagnols-sur-Cèze     52
43   7611 Figeac-Villefranche    136
45   7613               Mende    135
50   7618               Nîmes    118
51   7619         Nord-du-Lot    110
53   7621               Rodez    133

Zoom sur les 18 ZE sélectionnées :